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COVID-19

Retour à la "normalité"? Serons-nous capables de plus de solidarité ?

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Souvent à la radio, dans les débats à la télévision et dans la presse, au sujet du Coronavirus, tout le monde parle de l’attente « d’un retour à la normalité ! »
Je n’y crois pas.

Et de surcroit, j’espère qu’on ne retournera pas à la situation antérieure, à la pandémie du Coronavirus !


L’épidémie COVID-19 a mis en évidence toute la fragilité de nos relations sociales, de nos systèmes politiques, de la chaîne globale de production et de commerce, de la globalisation.

Je dirais aussi que cette incroyable crise sanitaire doit nous faire comprendre toute la fragilité de notre humanité, que nous croyions prépondérante, depuis qu’Adam et Eve furent chassés du jardin d’Eden. 

Au contraire de la pensée transhumaniste, tant en vogue dans la Silicon Valley, qui nous fait rêver d’une lutte victorieuse contre la mort, il faudra réfléchir à la condition de notre humanité souffrante et impuissante devant la force de la Nature. Un simple virus, comme la peste au Moyen Age, nous a obligé à rester confinés à la maison, fermer les écoles, réduire le travail et arrêter les voyages!!!

Nous nous imaginions très puissants alors que nous sommes tellement fragiles!

Quelle leçon tirer du cauchemar que nous vivons ?

Rien ne reviendra comme avant, il faut le comprendre, et très vite. La crise que nous traversons nous enseigne que de nombreux changements d’habitudes, même forcés, seront nécessaires.

Avant tout, il faudra repenser le système de santé. On a bien compris le besoin que le réseau de soins de santé soit plus proche de l’endroit où nous vivons. Au niveau national, il est nécessaire de disposer d’un réseau étendu de médecine de base et de proximité qui filtre et accompagne le patient, qui soit proche des hôpitaux bien équipés pour des soins spécialisés et avec plus de personnel. Au niveau mondial, il faut un organisme indépendant des puissances politiques et qui soit vigilant sur le développement de potentielles nouvelles pandémies.

Qu’arrivera-t-il encore ?
Le Covid-19 aussi était prévu mais nous n’avons pas agi comme il fallait. Et ce qui s’est passé en Chine a déjà eu des répercussions partout dans le monde, les autres sont à venir.

Rien ne reviendra comme avant, il faut le comprendre, et très vite. La crise que nous traversons nous enseigne que de nombreux changements d'habitudes, même forcés, seront nécessaires.

Marco Landi

On a beaucoup parlé de la ” transformation numérique “, de la nécessité d’agir pour éviter une dangereuse fracture digitale. Le Covid-19 nous a poussé vers une utilisation accélérée du numérique. Nous avons appris à travailler à domicile, à utiliser le Net, non seulement pour envoyer des messages mais aussi pour rassembler, discuter et produire. On a vu aussi nos dirigeants politiques discuter des grands problèmes via Internet.
Même notre vie sociale est passée au tout numérique !

On a  découvert l’avantage d’un réseau commercial de quartier composé de petits commerces qui correspond à nos envies de consommation sans nous imposer des déplacements qui nous apparaissent désormais bien inutiles. On a utilisé l’e-commerce pour nos achats importants et on a appris à choisir le meilleur prix.
La proximité des services et le renforcement du télétravail permettront de gagner du temps et pour ceux qui doivent nécessairement se rendre sur les lieux de travail, de mieux voyager. 

Les écoles ont dû fermer mais nos étudiants ont continué à suivre leur cours en ligne. En contact ” protégé ” avec leurs copains et leurs profs. Cette expérience sera de plus en plus utilisée pour une formation continue “à distance”, non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les travailleurs qui devront acquérir de nouvelles connaissances pour ne pas être mis à l’écart du marché du travail. 

Pour se protéger du Covid-19, on a appris les gestes barrières que l’on devra poursuivre un certain temps, probablement même jusqu’ à ce que l’on trouve un vaccin. Il sera nécessaire de continuer, même si on trouve cela ennuyeux, de porter le masque et respecter la distance d’un mètre afin d’éradiquer le risque de fermer les bars, restaurants, boutiques, théâtres, artisanat et activités de production, cinémas, bibliothèques … autant de lieux qui constituent notre tissu vital et représentent notre vie sociale dans chaque quartier et dans chaque commune.

Le confinement nous donne une leçon d’écologie: la disparition de la pollution dans nos villes ! L’air pur et le silence dans les rues nous font comprendre aujourd’hui que l’on peut limiter les déplacements inutiles. Sans pour autant refreiner la mobilité d’un nouveau mode de vie, il faudra apprendre à privilégier la proximité pour nos besoins du quotidien.

Nous avons beaucoup parlé de la " transformation numérique ", de la nécessité d’agir pour éviter une dangereuse fracture digitale. Le Covid-19 nous a poussé vers une utilisation accélérée du numérique.

Marco Landi

Trois grandes questions sont à poser pour le Post-Coronavirus:
– Globalisation ou re-localisation?
– Quels risques pour le tissu social?
– L’Europe résistera-t-elle au choc?

GLOBALISATION ou RELOCALISATION ?
L’épidémie Covid-19 a créé une disruption évidente dans les chaînes globales de valeur. Nous avons tous été touchés de près par le manque de production française des masques chirurgicaux et du matériel sanitaire en général. Un phénomène qui n’est pas uniquement français mais européen aussi. Notre dépendance à la Chine pour ce type de matériel mais aussi pour beaucoup d’autres productions a mis en évidence la fragilité de la chaine globale de valeur. Il est évident qu’une réflexion est aussi nécessaire au niveau européen, pour garantir notre souveraineté et arriver à une totale indépendance concernant les produits et le matériel stratégiques que ce soit pour la santé publique.
Une phase très importante de relocalisation est à venir et les entreprises pourront y trouver une source d’innovation et création de nouveaux postes de travail.

QUELS RISQUES POUR LE TISSU SOCIAL ?
Notre tissu social, fortement impacté, et le sera encore longtemps, nous pourrions avoir une crise sociale étendue.
Tout notre quotidien est bouleversé. Le café au bar, le trajet vers le lieu du travail, les réunions avec les amis, le plaisir du théâtre. Mais pire, si tous ces gestes du quotidien sont devenus à risques, toutes ces activités qui ont dû être arrêtées. Derrière cet arrêt, il y a la triste réalité des familles (ou des entreprises) qui ont vu leur source de revenus diminuée ou supprimée. L’État interviendra mais il ne pourra pas être présent partout !
La richesse diminue et la précarité sociale va augmenter. Ce processus pourra-t-il fragiliser les relations sociales? Il y a le risque que le partage de valeurs et d’idées communes qui est la base de notre vie, qui fait fonctionner chaque communauté de destin, sera mis à dure épreuve.
C ‘est le moment pour les sociologues, philosophes, journalistes, et surtout hommes politiques de considérer cette potentielle fracture et imaginer un remède.

ET L’EUROPE RESISTERA-T-ELLE AU CHOC ?
La crise sociale pourra générer une crise politique. La Chine et les États-Unis deux modèles conflictuels se confrontent.
La pandémie pourrait rendre très dangereuse le choc des puissances économiques qui est en train de se transformer en choc des modèles politiques. 
La Chine présente sa face victorieuse sur le Covid-19, ouvre à nouveau les usines et envoie de l’aide sanitaire à des pays encore en guerre contre l’épidémie. Elle présente son système politique, avec un Président élu à vie qui a des pouvoirs presque illimités, comme un système efficace et capable de faire augmenter le pouvoir d’achat de ses citoyens.
Les États-Unis, eux, se sont retranchés autour du mot ” Make America Great Again ! ” (style années Reagan) et ne semblent pas croire à la perniciosité du Covid-19. Le président Trump regarde avec hostilité la croissance de la Chine, accuse l’OMS, dénigre l’ONU et ne croie plus à l’ OTAN. L’ancienne guerre froide devient une guerre de sanctions, de prix, peut-être même une « cyberwar », c’est le prochain risque à considérer. 

Et l’Europe ? Divisée, impuissante, sans un pouvoir pour garantir sa position dans le monde. La fracture entre les pays rigoristes du Nord et les pays du Sud laisse un espace pour les souverainistes et les nationalistes avec tous les risques que cela comportent pour la démocratie. Avec le désastre du Covid-19, nous aurons besoin d’une Europe unie et plus solidaire. Le quasi collapse des systèmes sanitaires a créé une crise de confiance dans les gouvernements ce qui pourrait laisser entrevoir l’arrivée de politiques autoritaires, voire extrémistes, capables de désagréger l’Union. 

Il est nécessaire que plusieurs voix s’élèvent contre ces risques. Plus que jamais , nous avons besoin d’une Europe où solidarité et partage soient acceptés par tous les membres.
La crise violente du Covid-19 demande une action extraordinaire, forte et commune : un esprit de sacrifice collégial nous permettra de sortir grandis de la crise.  
Ce sacrifice sera récompensé par des bénéfices sociaux et économiques ou sinon nous risquons la désintégration du rêve Européen. 

Marco Landi

Institut EuropIA

Président du Comité d’Experts du SMART Deal, ancien Président de Texas Instruments EMEA & APAC et d’Apple Inc. Ses décisions ont contribué au retour de son cofondateur, Steve Jobs.

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7 réponses

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